Resto parisien en bout de course. 3 ventes/jour de moyenne, proprio qui parlait de fermer. Le brief : on sauve la boîte ou on baisse le rideau. 4 mois après, on tourne à plein régime. Voilà comment.
Quand le proprio m'appelle, il a déjà la main sur l'interrupteur. Restaurant indé du 11e arrondissement, 28 couverts, cuisine méditerranéenne propre, chef qui maîtrise son sujet. Mais 3 ventes/jour de moyenne. Trois. Pas 30. Pas 13. Trois.
Il avait essayé Facebook (postait 1 photo par semaine), il avait essayé Tripadvisor (avait peur des avis), il avait essayé Uber Eats (était mal classé et perdait 30% en commission). Aucun système, aucune stratégie. Juste de l'agitation sans direction.
Le diagnostic en 20 minutes était évident : ce resto n'a pas un problème de cuisine. Il a un problème de distribution. Personne ne sait qu'il existe, et ceux qui passent devant ne comprennent pas ce qui s'y passe à l'intérieur.
Budget marketing dispo : 1 200€/mois. Délai pour voir un signal : 6 semaines, sinon il ferme. Pas le temps de faire joli, juste le temps de faire utile.
3 photos floues, horaires faux, aucune réponse aux avis. Sur "restaurant méditerranéen Paris 11", le resto n'apparaissait même pas dans le local pack.
Menu de 47 plats (au lieu de 12), photos amateur, pas de badges sponsorisés, classement local en page 6. Tu n'existes pas si tu n'es pas dans le top 3.
Aucune base client, aucun mail, aucun SMS, aucune carte de fidélité. Chaque client venait une fois et disparaissait. Le resto repartait à zéro chaque semaine.
La fonction marketing d'un resto, c'est d'amener les gens à goûter une première fois. Une fois qu'ils ont goûté et que c'est bon, ils reviennent. Mais s'ils ne goûtent jamais, tu peux avoir le meilleur chef de Paris, tu meurs quand même.
Google Business + Uber Eats + Deliveroo : 12 plats best-sellers, photos pro shootées en 2h, descriptions qui mettent l'eau à la bouche. Horaires alignés partout. C'est la vitrine, on la nettoie.
Rayon 800m, mots-clés "restaurant + quartier" et "déjeuner pas cher Paris 11". Ad copy avec offre première visite. CPC à 0,42€, 38 nouveaux clients la première semaine.
Carte de fidélité sur smartphone (pas de plastique). 6 plats achetés = 1 offert. Récupération du mail + tel à l'inscription. SMS de réactivation après J21 sans visite.
Badges sponsorisés sur les créneaux 12h-13h30 et 19h-21h. Photos refaites, plats triés par marge. On passe du classement page 6 à top 3 sur la zone.
Commission négociée à 22% au lieu de 30% (volume promis). Menu spécifique livraison (plats qui voyagent bien). Marge nette de la livraison passe de 8% à 21%.
Shoot photo, refonte Google Business, Uber Eats, Deliveroo. 12 plats best-sellers identifiés en base de données POS.
Campagnes lancées. App de fidélité branchée sur l'iPad de caisse. Première semaine : 17 nouveaux clients fidélisés.
Activation des badges sponsorisés. Call avec l'account manager Uber Eats : nouvelle commission négociée. Ventes livraison x3.
1er SMS auto envoyé : 23% de taux de retour à J28. Le resto commence à voir des têtes qu'il reconnaît.
Budget passé de 600€ à 900€/mois. Mots-clés élargis aux requêtes "où manger ce soir Paris 11". ROAS à 4,8x.
Plateau atteint, le resto est full midi et soir. Le proprio recrute 2 personnes. On range le drapeau blanc.
De 3 à 137 en moyenne. x40 sur le volume quotidien. Pic de 168 le samedi soir.
CA mensuel passé de 4 800€ à 192 000€ entre M0 et M4. Le resto devient rentable au M2.
Carte digitale activée. 41% des clients reviennent au moins 1 fois. SMS de réactivation à 23% de retour.
De la page 6 au top 3 du quartier sur Uber Eats. 412 commandes/mois en livraison. Marge nette 21%.
1€ investi en Google Ads ramène 4,80€ de CA. CPC moyen 0,42€. Coût par client acquis : 2,80€.
Le proprio a recruté un commis et un livreur. Le resto a un avenir, et 3 employés en plus.
Un resto qui meurt n'a presque jamais un problème de cuisine. Il a un problème de distribution. La cuisine, dans 90% des cas, est correcte voire bonne. Le vrai problème, c'est que personne n'arrive jusqu'à la fourchette.
La fonction marketing d'un resto, c'est d'amener les gens à goûter une première fois. Point. Une fois qu'ils ont goûté et que c'est bon, le bouche-à-oreille fait son boulot et la fidélité prend le relais. Mais tant que tu n'as pas réussi à mettre la fourchette dans la bouche, rien d'autre ne compte.
Donc tu attaques l'amont : Google Business propre, Uber Eats optimisé, Google Ads géolocalisé, SMS de réactivation. Ce ne sont pas des trucs sexy. Mais ce sont les seuls leviers qui marchent. Le sexy (le compte Insta avec 50K abonnés), c'est la couche d'après, quand t'as déjà 100 couverts/jour.
Et un dernier point : la rétention. Si tu ne capturais pas le mail et le numéro de tes clients, tu repartais à zéro chaque jour. La carte de fidélité digitale, c'est ce qui transforme un client en machine à revenir. Sans ça, tu remplis un seau percé.
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